Merch de groupe de musique : des planches de skate
Sur une table de merch, la planche de skate, c'est la pièce chère et collector : on en vend peu, mais accrochée derrière le stand, elle fait office d'affiche, et c'est elle que prend le fan qui a déjà tout le reste. Pour ne pas finir avec des planches empilées au local de répète, commande d'abord une planche d'exemple, prends les noms des intéressés ou fais-les payer d'avance, et ne commande que celles-là. Chaque planche te coûte 89 €, plus 15 € de livraison par commande en France métropolitaine, et avant d'imprimer la pochette, il te faut l'accord écrit de la personne qui l'a créée. Ce guide s'adresse au groupe qui veut mettre la pochette de l'album ou l'affiche de la tournée sur une planche : quoi y mettre, à qui appartiennent les droits, combien en commander, à quel prix la vendre quand la salle prend sa part, comment les transporter de date en date et comment faire une édition par concert.
Pourquoi une planche sur la table de merch
- Elle se voit du fond de la salle. Accrochée derrière le stand, une planche avec la pochette annonce le groupe et signale qu'il y a quelque chose à vendre, bien mieux qu'un t-shirt plié sur la table.
- C'est un objet qu'on garde. Le t-shirt s'use ; la planche s'accroche au mur. Pour le fan qui a déjà le t-shirt de chaque tournée, c'est l'étape d'après.
- C'est une vraie planche. En érable 7 plis, avec le visuel imprimé par transfert sur la face du dessous (impression, vinyle ou gravure). Un fan qui fait du skate peut y mettre du grip, des trucks et des roues, et rouler avec.
Ce qu'elle n'est pas : ce que tu vendras le plus. Le merch compte pourtant : dans une enquête des Échos d'avril 2026, un ancien président de la Fédération nationale des labels et distributeurs indépendants estimait qu'un artiste moyennement connu peut faire entre 1 000 et 4 000 euros de merch par soir devant 1 000 personnes. Mais si une planche te coûte 89 €, elle coûtera au public bien plus qu'un t-shirt ou un badge, et peu de gens la prendront à chaque concert. Si ton public est plutôt badge et bière, commence par une seule planche, d'exemple et d'affiche, et regarde comment les gens réagissent avant d'en commander plus.
Quoi mettre sur la planche : la pochette n'y entre pas telle quelle
Une pochette de disque est carrée, et une planche est étroite et beaucoup plus longue que large. Si tu étires la pochette pour remplir la planche, elle disparaît presque entièrement sur les côtés ; si tu la gardes entière, elle n'occupe qu'une bande au milieu. Trois façons de s'en sortir :
- La pochette au centre, de la couleur autour. La pochette entière, d'un bord à l'autre, et au-dessus et en dessous la couleur de fond de la planche, que tu choisis dans l'éditeur. Si la couleur est tirée de la pochette, on dirait que c'est voulu. En haut, le nom du groupe ; en bas, le titre de l'album et l'année.
- Un détail à la verticale. Si la pochette contient un élément en hauteur (une silhouette, une tour, une main, une colonne de texte), un recadrage vertical de cet élément rend mieux que la pochette entière. Demande-le à la personne qui l'a faite : elle a le fichier original en meilleure résolution et sait ce qu'on peut couper sans que l'image perde son sens.
- L'affiche de la tournée. Les affiches sont souvent verticales et ressemblent davantage à la forme d'une planche : le nom en haut, l'illustration au milieu, les dates en bas.
Deux détails qui se voient sur la planche et pas sur l'écran du téléphone. Les huit trous des trucks traversent le visuel près de chaque extrémité : le nom du groupe ne doit pas tomber dessus, et l'éditeur les dessine pour que tu le voies. Et le texte écrit dans l'éditeur ressort plus net que celui qui est déjà dans l'image. Quelle résolution il faut pour remplir une planche (en dessous de 150 ppp à la taille de la planche, l'impression sera floue ou pixelisée), c'est dans quelle photo imprimer sur une planche de skate, et si la personne qui a fait la pochette préfère travailler dans son logiciel, qu'elle parte du gabarit d'impression.
À qui appartient la pochette, même si c'est celle de ton disque
Que ce soit la pochette de votre album ne veut pas dire qu'elle est à vous. Une pochette a souvent plusieurs propriétaires à la fois, et chacun a son mot à dire sur son impression sur des planches à vendre :
- La personne qui l'a dessinée ou conçue. Elle en est l'auteur dès sa création, et le fait de l'avoir commandée et payée ne lui retire pas ses droits (article L111-1 du Code de la propriété intellectuelle). Vous n'avez que les usages qu'elle vous a cédés : la loi exige que chaque droit cédé soit mentionné à part dans l'acte de cession, et que son exploitation soit délimitée dans son étendue, sa destination, son lieu et sa durée (article L131-3). Une commande de « pochette pour l'album et les réseaux » ne couvre donc pas, en principe, l'impression sur des planches vendues.
- La personne qui a pris la photo. Si la pochette est une photo, la loi qualifie d'illicite toute reproduction faite sans le consentement de son auteur (article L122-4), même si c'est vous qui avez payé la séance.
- Les personnes qui y figurent. Si quelqu'un d'extérieur au groupe apparaît sur la pochette, il faut son accord pour utiliser son image sur un objet vendu : les tribunaux rattachent le droit à l'image à l'article 9 du Code civil, selon lequel « chacun a droit au respect de sa vie privée ».
- Le label. Si l'album est sorti sur un label, relisez le contrat : si vous lui avez cédé l'exploitation de la pochette ou le merchandising, il vous faut aussi son feu vert.
En pratique, il vous faut un écrit (un e-mail peut suffire) de l'illustrateur ou du graphiste, et du photographe s'il y en a un, qui précise quelle œuvre, qu'il l'autorise sur des planches de skate, combien, où elles se vendent, pendant combien de temps et comment son nom apparaît. Si, pour qu'elle tienne sur la planche, vous comptez la recadrer ou en changer les couleurs, dites-le-lui avant : le droit au respect de son œuvre est « perpétuel, inaliénable et imprescriptible », l'auteur le garde même s'il cède tout le reste (article L121-1). Les autres cas, banques d'images et licences comprises, sont dans où trouver une image pour sa planche.
Et ce qu'il ne faut pas faire : si vous êtes un groupe de reprises ou un tribute, le logo et les pochettes du groupe original ne sont pas à vous, même si vous jouez ses morceaux ; faites un design à vous. Même chose pour le logo d'un festival ou d'une marque partenaire sans autorisation écrite.
Combien en commander sans rester avec du stock
- Une planche d'exemple. Accroche-la derrière le stand aux prochains concerts et prends-la en photo. Même si personne ne l'achète, elle travaille déjà comme affiche.
- Note les intéressés. À la table, avec l'exemple sous les yeux, note les noms et encaisse ou prends un acompte ; sur les réseaux, ouvre une prévente avec une date de clôture. N'annonce une date de remise qu'une fois les planches en main : nous n'annonçons pas de délai de livraison hors d'Espagne.
- Le tirage, seulement ce qui est vendu. Une commande, c'est un design dans une largeur, de 1 à 19 exemplaires, avec une seule livraison. À partir de 3 exemplaires du même design, tu peux nous écrire pour demander un prix selon la quantité, mais il n'y a pas de remise fixe : fais tes calculs avec le prix du site.
- Quelques-unes de plus, si tu veux prendre le risque. Pour le concert, pour ceux qui ont raté la prévente. Celles qui restent ne périment pas : ce sont les prochaines planches d'exemple.
Autre façon de n'en stocker aucune : faire livrer chaque planche directement chez celui qui l'achète, avec une commande d'une planche à son adresse. En contrepartie, chaque commande paie sa livraison (15 € en France métropolitaine, à partir de 15 € ailleurs dans l'Union européenne selon le pays), à intégrer dans ton prix, et tu n'as pas la planche entre les mains avant qu'elle arrive : impossible de la signer ou de la numéroter.
Chaque commande est aussi dans une seule largeur (8.0", 8.25" ou 8.5", au même prix) : pour l'accrocher, peu importe ; pour rouler, non (quelle largeur choisir), et proposer deux largeurs, c'est deux commandes.
À quel prix la vendre (et la part de la salle)
Ton coût par planche, c'est 89 € TTC, plus la livraison de la commande, répartie sur les planches qu'elle contient. Ce qui change le calcul en concert, c'est la salle : certaines prennent une commission sur ce qui se vend au stand. D'après MetalZone, ces « merch cuts » tournent en moyenne autour de 20 % du chiffre d'affaires brut, et certaines salles imposent en plus leur propre personnel au stand ; le site racontait en juin 2026 le cas d'un groupe qui a préféré distribuer son merch gratuitement plutôt que de payer la commission d'une salle. Pose la question en calant chaque date : le pourcentage se calcule sur ton prix de vente, pas sur ta marge. Voici comment le minimum change selon ce que garde la salle :
| La salle garde | Prix minimum, planche seule | Prix minimum, commande de 5 livrée en France |
|---|---|---|
| 0 % | 89 € | 92 € |
| 10 % | 99 € | 103 € |
| 20 % | 112 € | 115 € |
| 25 % | 119 € | 123 € |
Les 20 % sont l'ordre de grandeur cité par MetalZone ; 10 et 25 % sont des scénarios pour faire le calcul, pas les taux d'une salle précise. Le minimum, c'est le coût de la planche divisé par ce qu'il te reste une fois la part de la salle retirée, arrondi à l'euro supérieur : le point où tu ne perds rien sur chaque planche vendue. La dernière colonne y ajoute la livraison d'une commande de cinq planches en France métropolitaine, répartie sur les cinq. Ça ne comprend ni les frais du terminal de paiement, ni ce que vous versez à l'illustrateur pour la cession, ni les planches invendues.
Au-dessus de ce minimum, il y a votre marge, et là, pas de bonne réponse. Trois choses qui aident à la fixer :
- Un prix rond. À la table de merch, on encaisse vite, dans le noir et parfois en espèces : un prix sans centimes, écrit en grand à côté de l'exemple.
- Le même prix à toutes les dates. Si une salle prend une plus grosse part, ce n'est pas au fan de cette ville de la payer ; fais le calcul avec la salle la plus chère de la tournée.
- Si tu en commandes plus que tu n'en vends, le minimum monte. Et si le groupe se met à vendre du merch à chaque concert, parlez-en à un comptable : la structure qui encaisse (association, micro-entreprise, label) change la façon de déclarer ces ventes.
Comment les transporter de concert en concert
Un camion de tournée, c'est un mauvais endroit pour un objet plat et imprimé. Quatre habitudes :
- À plat, dans leur carton et au-dessus du chargement. Elles arrivent emballées : laisse-les comme ça et ne sors que celles du soir. Un ampli ou un flight case qui glisse à chaque virage raye ce qu'il y a dessous.
- Jamais face imprimée contre face imprimée. Avec les cahots, elles frottent : un carton ou une feuille entre chaque paire.
- Loin de l'humidité. Ni le local de répète en sous-sol ni le camion qui dort dehors : entre deux dates, à la maison.
- L'exemple, dans une housse (une housse de skate rembourrée ou un bout de couverture). Au stand, accroche-la avec des colliers de serrage ou de la ficelle passés dans les trous des trucks, sans rien percer (accrocher un skate au mur), ou pose-la debout contre le mur. La planche arrive sans support.
Une édition pour chaque date
C'est la version collectionneur : la planche de la tournée avec la ville, la salle et la date de chaque concert, comme les affiches sérigraphiées que certains groupes font pour chaque soir. Ce qu'il faut savoir avant de la promettre :
- Chaque date est un design, et chaque design une commande. Une planche « Lille » et une planche « Nantes » ne peuvent pas aller dans la même commande. Monte une base commune dans l'éditeur (l'illustration, le nom du groupe) et, pour chaque date, change seulement le texte et passe sa commande. Chaque commande paie sa livraison.
- Peu par date, et numérotées. Une édition par concert n'a de sens qu'en petit tirage. Comme le numéro change à chaque exemplaire et qu'une commande est un seul design, le numéro s'écrit à la main, au feutre, sur la planche, pas à l'impression ; teste le feutre dans un coin avant.
- Commande-les tôt et fais-les livrer à la maison. Hors d'Espagne, nous n'annonçons pas de délai de livraison : compte large, en plus du temps de clôture de la prévente, et fais-les livrer à une adresse où quelqu'un pourra les réceptionner, pas à la salle. Le plus sûr : les avoir toutes avant de partir, dans le camion.
Autre idée pour le stand : la pochette répartie sur plusieurs planches accrochées côte à côte, de 2 à 10, en fond de table. C'est un seul design et une seule commande, et chaque planche coûte le même prix qu'une planche seule. Avec une pochette carrée, plusieurs planches côte à côte s'approchent du carré, et l'éditeur te montre combien il en faut pour la tienne ; ce qui tombe dans l'espace entre les planches n'est pas imprimé, donc ça marche avec une illustration, pas avec un visage ou le nom coupés en deux (comment fonctionne un ensemble de planches).
Comment les commander, étape par étape
- L'accord écrit et le fichier de la pochette en plus haute résolution, demandés à la personne qui l'a faite (pas une capture de la plateforme de streaming).
- Crée-la dans l'éditeur, gratuit et sans compte : importe la pochette, choisis la couleur de fond, écris le nom et la date, et vérifie la planche en 3D, trous compris. Le grip est en option (9,95 € par planche) et, comme toutes les options, il s'applique à toutes les planches de la commande ou à aucune : pour l'accrocher, inutile.
- Commande l'exemple, accroche-le au prochain concert et, avec ce qui est vendu, commande le tirage.
Si la planche est seulement un cadeau pour l'équipe qui vous accompagne en tournée, le calcul est différent : prix d'un skate personnalisé. Et pour de grosses quantités, au-delà d'une commande, la page skate personnalisé à votre logo explique comment demander un devis.
Questions fréquentes
Combien de planches un groupe vend-il à un concert ?
Il n'y a pas de chiffre qui vaille pour tous : ça dépend du public, de la salle et du prix. Mieux vaut ne pas le deviner : commande une planche d'exemple, accroche-la derrière le stand, prends les noms des intéressés ou fais-les payer d'avance, et ne commande que celles-là. Une commande, c'est un design dans une largeur, de 1 à 19 exemplaires, avec une seule livraison.
Peut-on imprimer la pochette de l'album si c'est un ami qui l'a faite ?
Oui, avec son accord écrit. Même si c'est la pochette de votre album, la personne qui l'a dessinée ou conçue en reste l'auteur, et vous n'avez que les usages qu'elle vous a cédés, chacun mentionné à part dans la cession (articles L111-1 et L131-3 du Code de la propriété intellectuelle). Si la pochette est une photo, il faut aussi l'accord du photographe. Un e-mail peut suffire, s'il précise quelle œuvre, que c'est pour des planches de skate, combien, où elles se vendent et comment son nom apparaît.
La salle peut-elle prendre une part de ce qu'on vend au stand de merch ?
Certaines salles le font : ces commissions tournent en moyenne autour de 20 % du chiffre d'affaires brut, selon MetalZone (juin 2026), et certaines imposent leur propre personnel au stand. Pose la question en calant chaque date, et fixe le prix de la planche en pensant à la salle la plus chère de la tournée, pour ne pas en changer d'une ville à l'autre.
Peut-on commander une planche différente pour chaque date de la tournée en une seule commande ?
Non. Chaque commande est un design dans une largeur, donc chaque date est une commande, avec sa livraison : 15 € par commande en France métropolitaine, à partir de 15 € ailleurs dans l'Union européenne selon le pays. Ce qui tient dans une commande, ce sont plusieurs exemplaires de la même date, qu'on numérote à la main.
Nos fans peuvent-ils acheter la planche directement sur le site ?
Oui, si vous publiez le design dans la galerie depuis un compte : il y apparaît avec les designs de tout le monde, et n'importe qui peut l'ouvrir et commander une planche avec, à 89 € ; ce n'est pas vous qui fixez le prix. Ces ventes ne vous rapportent pas d'argent, mais du solde de créateur : du crédit pour vos propres commandes dans la boutique, qui ne s'encaisse pas. Si vous voulez un revenu par planche, il faut acheter le tirage et le vendre vous-mêmes.
Sources
Commandes, largeurs, livraison, options et ensembles de planches : le site Skateboard Personalizado. Droits d'auteur : Code de la propriété intellectuelle, articles L111-1, L121-1, L122-4 et L131-3 ; droit à l'image : Code civil, article 9. Commissions des salles sur le merch : MetalZone (18 juin 2026). Ventes de merch par soir : Les Échos (18 avril 2026). Pages consultées en octobre 2026. Ce sont des repères pratiques, pas un conseil juridique ni fiscal.
Mets la pochette sur une planche
Importe la pochette ou l'affiche, regarde la planche en 3D et commande l'exemple avant le tirage. L'éditeur est gratuit et sans compte. Pour beaucoup d'exemplaires ou pour en parler avant, écris-nous depuis la page entreprises.
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